A tous les présidents de comités régionaux de roller hockey
Copie aux présidents des comités départementaux de roller hockey
Une première mise en oeuvre de la mixité a été décidée le 19 septembre dernier. Le comité
national a souhaité aller vite dans la diffusion de cette information pour permettre à tout le monde
de s’ajuster rapidement. Je vous adresse ce courrier pour éclairer les décisions prises et partager
avec vous les perspectives qui s’ouvrent à nous pour les prochaines années.
Je vous propose tout d'abord de vous dresser un bref historique de ce dossier. Il y a 6 mois, la
mixité n'était pas possible. Un nombre grandissant de clubs nous rapportaient qu'ils avaient
besoin, pour pouvoir garder leurs jeunes féminines après la catégorie minime et pour sortir d'une
situation de non droit en loisir, de voir le règlement évoluer vers des mises en place de principes
de mixité.
Après notre élection en mars 2009, nous nous sommes retournés vers la commission médicale
de la fédération, avec nos amis du rink-hockey, pour demander que les blocages que cette
commission maintenait sur le sujet soient enfin levés. C’était un des axes de notre projet de
développement pour lequel vous nous avez élus. Il a été décidé fin juin par la commission
médicale de rendre possible une certaine mise en oeuvre de la mixité, sous conditions. Le 4
juillet, le CA de la FFRS entérinait les recommandations de la commission médicale.
A ce moment, nous avons passé commande à la commission sport féminin RILH (commission
nouvellement créée pour centraliser les énergies du sport féminin) pour évaluer les possibilités
d'une mise en oeuvre en 2009, avec des contraintes importantes :
· La mise en place de la mixité doit être suivie administrativement
· Les contraintes imposées par la commission médicale sont incontournables
· Le CNRILH n'a pas de ressources financières pour accompagner la mise en oeuvre de la
mixité
· La mixité ne doit pas porter atteinte à l'identité du championnat féminin
· La mixité doit répondre aux attentes des clubs.
Vous avez reçu les documents relatifs à la mise en application de la mixité pour 2009/2010.
Nous avons voulu affirmer par cette mise en oeuvre, que le championnat féminin est la meilleure
voie de développement du sport féminin. Il existe un risque réel aujourd'hui, que les filles
préfèrent rester dans le club proche de chez elles pour jouer en mixité et délaissent petit à petit
les équipes de filles, détruisant ainsi le championnat féminin. Il faut que les filles se regroupent
entre elles dans des équipes de filles, pour créer un championnat féminin plus attractif. Tel est le
sens du développement de la pratique féminine de haut niveau à terme.
Parce que nous devons suivre administrativement pendant 3 ans les athlètes évoluant en mixité
(demande de la commission médicale), nous avons décidé de valoriser la principale innovation
de notre projet, au regard des risques que cette innovation fait courir à l'offre existante. Nous
permettons à des joueuses d'évoluer avec les garçons, dans le cadre d'une période probatoire
durant laquelle nous devons assurer un suivi. C'est cette innovation qui doit être vue comme un
nouveau service, une nouvelle offre permettant à des clubs de proposer une nouvelle pratique et
qui appelle à une tarification particulière, pour équilibrer les dépenses administratives à mettre en
face pour assurer le suivi imputé au comité national, ne disposant pas aujourd’hui de marge de
manoeuvre pour financer ce projet.
Aujourd'hui, la possibilité de faire jouer des filles et des garçons dans une même équipe en
seniors est une avancée, qui n'est possible que dans les championnats régionaux. Là aussi, c'est
quelque chose qu'il faut valoriser, le championnat régional possédant un argument de poids pour
recruter de nouveaux pratiquants et structurer une offre de roller hockey réellement attrayante.
Nous affirmons ainsi notre souhait de valoriser de plus en plus l’offre régionale, lui donnant une
identité propre et des moyens d’actions spécifiques. C’est un début mais là aussi, c’est une
affirmation de notre politique générale de créer un vrai maillage national / régional / local. L’offre
sportive nous parait être la première dimension à bâtir pour une construction pérenne de notre
édifice futur.
La mixité est un test qu’on nous autorise à faire et qui a un coût, principalement du fait d’un suivi
durant la période probatoire de 3 ans, mais pas seulement. C’est une porte ouverte, qui peut se
refermer. Il est de notre responsabilité collective de passer ce test de 3 ans pour espérer voir la
mixité généralisée à ce moment. Nous nous devons donc, d’assurer, en plus du suivi médical, un
suivi administratif détaillé, sérieux et appliqué afin d’écarter tout risque de contestation de la
pérennisation de la mixité, qui est notre objectif.
Enfin, parce que nous allons ajuster ensemble le projet, nous savons que vous allez
accompagner les clubs dans leur appropriation de ce dossier, peut-être également les aider à
passer certains caps pour assimiler ces innovations. Je vous invite dès à présent à nous faire vos
retours sur la mise en place de la mixité au niveau régional, de manière à pouvoir disposer de
suffisamment d’informations pour proposer à l’AG 2010 un dispositif pérenne pour une
application en 2010-2011 qui valorise toute la chaine "comité national <<>> comité régional <<>>
comité départemental <<>> club".
Enfin, nous ne devons pas nous arrêter là. Le maillage actuel n’est pas optimal, nous le savons
et en avons fait un axe important de notre projet. Les chantiers de développement de notre sport
sont immenses, qu’il s’agisse du financement des actions nationales mais aussi régionales, de
l’arbitrage, de la formation, de la médiatisation de notre sport, de la professionnalisation de
l’encadrement sportif dans les clubs, de l’offre à l’attention des jeunesses etc. Tout cela ne se
fera qu’en mettant nos énergies en commun.
Je vous propose de prendre date dès à présent pour une réunion de travail avec l’ensemble des
présidents des comités régionaux et départementaux (dans le cas où la structure régionale ne
soit pas créée), le samedi 9 janvier 2010 à Paris.
Doris DARLET
Président du CNRILH